
Ayant elle-même traversé la boulimie, Catherine Hervais travaille sur ce qui se joue derrière le symptôme : l’image de soi, les émotions et la relation aux autres.
Une méthode née de l’expérience
Pour cette psychologue, lorsque le trouble du comportement alimentaire s’accompagne d’une image de soi instable, d’humeurs extrêmes et d’un sentiment récurrent d’être à côté de sa vie, il est souvent le symptôme d’un problème d’identité.

Depuis quarante ans, Catherine Hervais développe une méthode de psychothérapie adaptée aux personnes qui ne peuvent pas vivre sans une addiction alimentaire, à laquelle s’ajoutent parfois d’autres addictions d’origine psychologique.
On laisse le passé au passé
Pour cette psychologue, lorsque le trouble du comportement alimentaire s’accompagne d’une image de soi instable, d’humeurs extrêmes et d’un sentiment récurrent d’être à côté de sa vie, il est souvent le symptôme d’un problème d’identité.
Les séances se déroulent en groupe, car il est plus facile de travailler sur soi lorsqu’on est face aux autres. On ne passe pas son temps à rechercher les causes des compulsions ni à explorer indéfiniment le passé.
Que les relations dans l’enfance aient été compliquées ou non, le travail consiste à repérer, dans le contact avec les autres, ce qui empêche de fonctionner normalement — ou, au contraire, ce qui pousse à vouloir être trop normal, au point d’avoir besoin de se « shooter » pour tenir le coup.
Des séances suffisamment longues
Pour les personnes hypersensibles qui ont besoin d’une addiction alimentaire et parfois aussi d’autres addictions pour lâcher prise, il faut du temps pour se poser. Une ou deux heures ne suffiraient pas. Chaque séance dure quatre heures minimum, afin que les émotions aient le temps d’apparaître, de se dire avec des mots justes et d’être affirmées dans le contact avec les autres.
Une pensée peut être fabriquée, mais une émotion qui s’inscrit dans un élan dit quelque chose du vrai soi.
La thérapie est volontairement intensive : elle se déroule en général sur deux jours consécutifs, un week-end par mois. Les personnes qui ne peuvent faire qu’une journée participent à quatre heures de séance le dimanche.
Comme les séances ont lieu à distance sur Zoom, chacun peut, confortablement installé chez soi, où qu’il vive en France ou ailleurs, travailler sur les pensées et les émotions qui surgissent au fil des interactions avec les autres.
Quand les autres nous révèlent à nous-mêmes
On se surprend parfois à être particulièrement touché par une remarque ou par la façon dont quelqu’un s’exprime. Peu à peu, on découvre que l’on se définit souvent mieux à travers ce que l’on aime ou ce que l’on n’aime pas qu’à travers les croyances que l’on entretenait jusque-là sur les autres comme sur soi-même.
Cette approche aide à développer un sentiment de soi plus stable et à accéder peu à peu à l’estime de soi. C’est cette estime de soi qui permet de ne plus avoir besoin de l’addiction comme refuge.
