Ayant elle-même traversé la boulimie, Catherine Hervais a créé puis développé, depuis quarante ans, une méthode de psychothérapie spécifiquement pensée pour les personnes enfermées dans une addiction, avec le sentiment d’être un peu à côté de leur vie.
On parle de ce qu’on ressent
Dans ce cadre, on reste centré sur ce qui se passe dans le groupe, dans le présent. On ne cherche pas à analyser les crises alimentaires ni à revenir sans cesse sur le passé. On observe plutôt ce que la présence des autres réveille : la peur d’être jugé, le besoin de plaire, la crainte de déranger, ou l’impression de ne pas avoir vraiment sa place.
Certains se taisent, d’autres ont besoin de parler
Les échanges ne sont pas théoriques. Chacun apprend à parler à partir de ce qu’il ressent, de ce qui le touche, de ce qui le met en retrait ou le pousse à se défendre. Peu à peu, la personne découvre une autre façon d’être en relation, plus simple, plus vraie, moins dépendante du regard des autres.
S’exercer à être vrai, c’est apprendre à dire ce que l’on ressent sans se plaindre, sans reprocher, et sans disparaître.
Le groupe devient alors un lieu d’entraînement très concret. On y apprend à rester présent face aux autres, à supporter d’être vu, à dire les choses plus directement, sans se cacher derrière l’adaptation, le contrôle ou la crise. C’est ce travail répété qui permet peu à peu de se sentir plus solide intérieurement.
Une méthode née de l’expérience
Cette méthode consiste à éviter de parler de nourriture ou du passé. Elle est née du propre parcours de Catherine Hervais, puis de quarante ans de pratique.
Construite au fil des groupes, cette approche a pour fonction, non pas de comprendre pourquoi on a des crises, mais de permettre à chacun de laisser tomber son personnage d’emprunt et de se construire une base identitaire solide, afin de ne plus vivre ce sentiment de vide qui oblige à avoir besoin d’une addiction comme refuge.
