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> > Une
thérapie confrontante: Questions/Réponses
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Q:
Etes-vous prêt à entreprendre une thérapie?
R:La
psychothérapie est une démarche personnelle qui
demande, pour réussir, de se remettre en question. Si
vous voulez ne plus faire de boulimies sans faire cette remise
en question, vous n'êtes pas prêt à entreprendre
une thérapie.
Q:
Quel âge pour une thérapie?
R: Il
n'y a pas d'âge pour apprendre à être soi.
Mieux vaut tard que jamais. Certains ont 15 ans, d'autres 60.
L'âge émotionnel est le même pour tous quand
il s'agit d'apprendre à être soi sans tricher.
Q:
Quels sont les risques ?
R: Il
n'y a pas de risques à s'exercer à être
soi-même face aux autres.
Q:
Pourquoi des groupes sur deux jours ?
R: Les
personnalités addictives sont si blindées derrière
leurs défenses intellectuelles qu'elles ont besoin de
plusieurs heures de contact avant de s'autoriser à lâcher
prise avec le "faire semblant".Q:
Peut-on être trop fragile pour participer
à
des groupes ?
R: Il
n'y a pas de vraie violence dans les groupes. On y apprend à
s'exprimer sans agressivité, sans blesser l'autre, sans
se blesser soi.
Q:
Comment se passe le premier contact ?
R:Il
n'y a pas de consultation individuelle préliminaire.
Le mieux, pour tester cette thérapie, est de l'expérimenter
directement.
Q:
Est-ce que tout le monde ose parler dans un groupe?
R:Au
début certains n'osent pas prendre la parole. En écoutant
les autres parler de ce qui leur est essentiel il réagissent,
ne serait-ce que silencieusement. L'émotion est là
et fini par se dire tôt ou tard.
Q:
Quel est le nombre de participants et leur sexe?
R:Le
nombre de participants à un week-end varie entre vingt
et trente. Les groupes sont mixtes. Les femmes sont majoritaires.

Q:
Quel est le rythme des groupes ?
R:Ce
n'est pas une psychothérapie de soutien. Dans le problème
de l'addiction il n'y a rien à soutenir, il faut changer.
Dés les premiers week-ends des changements ont généralement
lieu. Que les groupes soient espacés d'un mois, de deux,
ou de plus (pour les personnes qui viennent de très loin)
le travail initialisé dans le groupe se consolide et
s'amplifie entre les groupes. On peut faire une séance
par mois, mais on peut aussi en faire une tous les deux ou trois
mois si l'on a un budget très serré ou si lon
vient de province. Si l'on vient d'un autre pays on peut faire
deux à trois week-ends de suite plusieurs fois par an.
Q:
Quelle est la durée de la thérapie ?
R:Dans
l'expérience de cette approche il faut au moins dix huit
séances pour consolider ce qui commence déjà
à se mettre en place dès les premiers week-ends.
En principe la qualité de vie s'améliore dès
le début de la thérapie : les personnes se déculpabilisent,
gagnent en estime de soi, améliorent leurs rapports avec
les autres et voient les obsessions liées à l'addiction,
la nourriture en ce qui concerne les personnes boulimiques,
diminuer. Les boulimies lâchent vers le milieu de la thérapie,
parfois en fin de thérapie, ou quelque fois à
distance de la fin de la thérapie, après un temps
de "décantation ". Les personnes boulimiques
changent leur rapport à la nourriture. L'obsession disparaît.

Q:
Quel est le contrat thérapeutique ?
R:Lorsque à l'issue du premier groupe la personne s'est sentie
en résonance avec ce qui s'est passé elle s'engage
pour dix-huit groupes.

Q:
Puis-je coupler cette thérapie avec une autre?
R:Si
l'on fait un groupe tous les mois, même tous les deux
ou trois mois, on n'a pas besoin d'une autre thérapie,
en dehors d'un accompagnement médical. Celui-ci s'impose
tant pour parer les conséquences biologiques de l'addiction
que pour répondre à certains besoins spécifiques.
Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont
parfois ponctuellement nécessaires, de même que
les anxiolytiques.

On peut coupler les groupes intensifs avec des séances
de relaxation. Celles-ci doivent éviter de revenir sur
le passé et rouvrir les vieilles cicatrices. Elles ont
pour rôle d'aider à vivre l'instant présent
en se connectant sur les sensations corporelles, pour apprendre
à " vider la tête " des pensées
négatives automatiques.

Q:
Et la thérapie cognitivo-comportementale ?
R:On
peut envisager une thérapie cognitivo-comportementale
à condition qu'elle soit confrontante et se centre sur
le trouble de personnalité en renonçant au contrôle
alimentaire. La thérapie confrontante fait faire en effet
un travail qui mobilise beaucoup d'énergie, tant dans
les séances que dans les périodes entre les séances.
Un sevrage des boulimies pendant cette thérapie demanderait
trop d'efforts et rendrait indisponible la personne à
une remise en question d'elle-même et de ses rapports
avec les autres. |
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